Petites Chroniques Littéraires


Vous avez apprécié de faire connaissance avec Henning Mankel, nous vous invitons à rencontrer cette fois un auteur américain féminin.





Joyce Carol Oates

Auteur américaine prolifique, elle est née le 16 juin 1938 dans une ferme de l’Etat de New York aux Etats-Unis. Très tôt, elle s’intéresse à  la lecture. Elle commence à écrire dés  14 ans lorsque sa grand-mère lui offre une machine à écrire. En 1963, elle commence sa carrière d’écrivain avec un recueil de nouvelles qui fait forte impression. Dés lors, elle ne cesse plus d’écrire : romans, essais, nouvelles, poésie, théâtre. Ecrire est vital pour elle. Elle dit attendre «  toujours d'écrire LE livre qui restera. » Son œuvre foisonnante parle de la Société américaine des années soixante avec ses ambigüités. Elle avoue aimer explorer des personnages ambigus, leurs zones d'ombre et leurs secrets. Son plus grand succès est le roman « Blonde » sur la personnalité de Marilyn Monroe.



Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous le nom de  Rosamond Smith et de Lauren Kelly dont celui-ci :

 Masque de sang 
Riche et fantasque mécène, Drew Hildebrand fait scandale en organisant une exposition de « bio Art » qui n’hésite pas à présenter fœtus humain et masque de sang. Elle disparaît peu après en compagnie de sa nièce Marta. Cette dernière est rapidement retrouvée, mais sous l’emprise de la drogue, elle est incapable de donner des indications aux enquêteurs.
Au travers du témoignage de Marta, nous suivons le récit de cette affaire complexe.
La femme, le corps, la sexualité, l’Amérique, Joyce Carol Oates reprend ses thèmes favoris au cœur de ce roman policier subtil et obsédant.

Extrait :
 L'appel atteignit les services de secours du parc naturel de la Shale River Mountain à dix heures vingt du matin, le 2 avril 2003. Dans un coin ouvert à la randonnée, marqué par la présence de pins blancs et d'affleurements schisteux débordant sur la rivière, à la lisière occidentale du parc, des promeneurs avaient vu quelque chose ramper dans les épais taillis de la berge, en contrebas du chemin. La créature avait paru paniquer à leur approche et avait détalé dans les fourrés pour leur échapper. Ils avaient crié : «Hé ! On peut vous aider ? On ne vous fera aucun mal...» - tout en préférant croire à un chevreuil blessé, un coyote ou un chien errant, même si cela ressemblait plutôt à un être humain, voire à un enfant.
…L'un des marcheurs s'aventure dans le sous-bois, glissant et dérapant ; des épines déchirent son jean. «Hé ! Vous avez besoin d'aide ?» Il y a des affleurements pierreux sous ses pieds, bizarrement en forme de marches, aux contours traîtreusement coupants. Il y a de la gadoue à certains endroits qui aspire ses grosses chaussures. D'ici, on ne voit plus la rivière, mais le grondement de ses flots bouillonnants, grossis par des eaux brunâtres, est assourdissant.
Ce qui fuit devant le randonneur, fou de terreur, se force un passage à travers les épais fourrés. Le promeneur abandonne ses recherches, non sans avoir vu sur des épines par terre des gouttes de sang très rouge, brillantes comme des perles de verre.
Impossible de déterminer si c'est du sang d'animal ou d'humain.