A la mémoire des hommes, des femmes, des familles dont les vies ont été bousculées, broyées dans une des guerres les plus sanglantes de l'histoire de l'humanité.

Retour sur la soirée "Tranchée" 
qui a connu un beau succès tant par la qualité du spectacle musical de la Cie Bergamasque 
que de l'intervention des auteurs Nicolas Czubak et Kevin Goeuriot.

70 personnes se sont déplacées et ont apprécié cette belle soirée

Ça s'est passé comme ça ....


Acte I. Le prélude à la guerre. Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine. 

Un homme (Victor Hugo toujours visionnaire) : « La France et l'Allemagne sont essentiellement l'Europe ». Et malgré tout la guerre (1870). 
Ensuite une annexion. La haine attisée, entretenue entre deux peuples voisins. Une haine qu'on exprime sans ambages, qui accueille les rumeurs les plus fantaisistes, les déforme et les arrange. Aucun souci de vraisemblance, d'impartialité, de raison. 


 
Acte II. La guerre vue du côté français (la Moselle était allemande !). 

La déclaration de guerre. Comme en 1870 et plus tard en 1939, elle surprend la majorité des Français dans l'insouciance de l'été : il y avait les paillettes du siècle nouveau, le faste de l'Exposition universelle, ses slogans utopistes («  La Paix Universelle »), les jeux Olympiques à Paris. 

La mobilisation et le départ « la fleur au fusil ».  Dimanche 2 août. Train de plaisir pour Berlin ... l'aventure ... l'allégresse. La guerre de mouvement serait courte ... l'empereur Guillaume II y laisserait forcément ses moustaches ! 

Rencontre avec Nicolas Czubak et Kevin Goeuriot, auteurs  du livre
"Bis zum ende... jusqu'au bout. 
Août-septembre 1914 : la Lorraine bascule dans la guerre"


Kevin Goeuriot
De la vallée de la Seille aux confins de la Belgique, les affrontements se transforment en hécatombes et plusieurs villages subissent, en dépit des conventions internationales, de terribles exactions. Fruit de trois années de recherches et de prospections, cet ouvrage tente d’apporter un éclairage nouveau sur ce que fut l’entrée en guerre dans le nord lorrain en août et septembre 1914. Ce livre se propose de montrer comment, en deux mois de temps, un monde bascule dans la guerre. 
Nicolas Czubak
Comment les belligérants engagent une lutte à mort, pour laquelle chaque camp est prêt à aller… jusqu’au bout.

Acte III. Les lettres de Poilus. 

Au-delà de la propagande (voir ci-dessous) et des articles enflammés des journaux « dits d'information » (Jean Galtier-Boissière : « ces charlatans qui vivent de la guerre tandis que les autres en meurent »), la réalité est poignante. Il suffit de voir les photos prises au moment de la séparation, couples amoureux, pères de famille entourés de leur femme et de leurs enfants. Voyageurs sans bagages, ils durent revêtir l'uniforme mal coupé, le pantalon rouge, le képi cabossé et chausser les godillots cloutés. 
Les paysans étaient soucieux : qui moissonnerait, qui rentrerait la paille, qui labourerait ? 

La moisson sera meurtrière et la vendange sanglante. Échec de l'offensive française en Lorraine 140 000 morts en 5 jours. La journée du 22 août est la plus meurtrière de toute l'Histoire de France : 27 000 morts. 

Et ce lien vital, ténu, entre les combattants et leur famille. Rosa écrit le 4 août 1914 : « Je me contenterai d'une ligne, d'un mot, d'une enveloppe sans rien dedans, mais écris-moi souvent ». 





Les statistiques des dernières guerres démontrent que plus les armes se perfectionnent, plus les pertes diminuent. Le Temps. 4 août 1914. 

Les shrapnells éclatent mollement et tombent en pluie inoffensive. Le tir est très mal réglé. Quant aux balles, elles ne sont pas dangereuses. Elles traversent les chairs de part en part, sans faire aucune déchirure. L’Intransigeant. 16 août 1914. 

Le petit pioupiou de chez nous fait preuve d'un courage, d'une souplesse, d'un mordant qui manquent totalement au lourd fantassin allemand. Le Miroir. 23 août 1914.